<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" ><generator uri="https://jekyllrb.com/" version="3.10.0">Jekyll</generator><link href="/feed.xml" rel="self" type="application/atom+xml" /><link href="/" rel="alternate" type="text/html" /><updated>2026-05-08T09:42:45+00:00</updated><id>/feed.xml</id><title type="html">La quête du Chevalier des Cendres</title><subtitle>L&apos;histoire des quatre Chevaliers Dorés qui assistèrent le roi Arthur depuis qu&apos;il sortit  l&apos;épée du rocher et de leur lutte contre les funestes présages du Chevalier des Cendres. </subtitle><entry><title type="html">An 511 - L’épée sortie du Lac</title><link href="/jekyll/update/2026/05/08/quete-4.html" rel="alternate" type="text/html" title="An 511 - L’épée sortie du Lac" /><published>2026-05-08T09:02:24+00:00</published><updated>2026-05-08T09:02:24+00:00</updated><id>/jekyll/update/2026/05/08/quete-4</id><content type="html" xml:base="/jekyll/update/2026/05/08/quete-4.html"><![CDATA[<p>Oyez, oyez, braves gens : comment la Dame du Lac remit la noble épée Excalibur au roi Arthur ; comment la belle Guenièvre vint le rejoindre en son château de Camelot ; et comment le jeune Lancelot, encore dans la fleur de l’enfance, terrassa un loup d’un seul coup d’épée.</p>

<p>Nous étions en l’an de grâce Cinq-cent-onze, peu de temps après les événements susmentionnés. Arthur avait consenti à accorder sa clémence au Comte Saman, lequel s’était finalement rangé sous sa bannière. Il avait su excuser son égarement et l’ancienne fidélité qu’il portait à Loth, les attribuant à certains liens de parenté qui ne lui avaient point permis de décliner l’offre qui lui était faite. 
Le roi fit mander ses chevaliers en son château de Camelot, dont l’édification, bien avancée, n’était pourtant point encore achevée. Il leur confia deux missions : la première consistait à l’escorter, en comité restreint, vers un lieu qu’il souhaitait tenir secret, situé au nord du royaume de Logres ; la seconde les conduirait auprès du roi Léodagan, qui avait requis son assistance.
Ils prirent la route dès le lendemain, le roi ayant revêtu sa plus somptueuse armure. Tandis qu’ils approchaient d’un village, ils aperçurent, au loin, sur un étroit chemin forestier, une silhouette immobile qui semblait les observer. Avec l’assentiment de Merlin, ils allèrent à sa rencontre. Il s’agissait, une fois encore, du mystérieux Chevalier des Cendres, qui les mena jusqu’à une clairière. En son centre se trouvait une vasque d’eau, qu’il leur désigna en silence. Chacun s’y abreuva, et des visions leur furent révélées :
Sur les eaux d’un lac avançait une barque verte, finement ouvragée. Un roi y reposait, étendu comme dans la mort, tandis qu’à ses côtés se tenait une dame brandissant une épée vers le ciel. Celle-ci fit un pas, marcha sur les flots, puis s’y enfonça. La barque poursuivit sa course et se perdit dans la brume.</p>

<p><img src="/assets/img/COURS.JPG" alt="image" /></p>

<p>À leur réveil, un cervidé s’ébroua avant de disparaître dans la forêt. Lorsqu’ils retrouvèrent Arthur, à peine deux heures s’étaient écoulées. Merlin partit aussitôt consulter les oracles. Le chef du village les accueillit en sa demeure et reçut, pour sa générosité, cinq sous et cinq deniers. Au soir, Merlin fut de retour.
Le lendemain, la pluie persistait sans relâche. Toutefois, lorsqu’ils atteignirent les rives d’un lac, les nuées se dissipèrent soudain, et l’éclat du soleil couchant révéla, au centre des eaux, d’étranges reflets nacrés. L’embarcation aperçue en songe s’y trouvait, amarrée au rivage. Merlin et Arthur y prirent place et gagnèrent le centre du lac. Alors surgit des eaux un bras féminin, tenant une épée levée vers le ciel : c’était celle-là même qu’ils avaient contemplée en vision, confirmant que leurs songes pouvaient être prémonitoires. Arthur s’en saisit ; la lame resplendit d’un vif éclat, et il la plaça à sa ceinture.</p>

<p>De retour sur la rive, Merlin présenta l’arme comme étant Excalibur. Il invita Arthur à la ficher en terre, puis convia les chevaliers à poser tour à tour la main sur le pommeau. Chacun fut alors saisi d’une vision funeste : le ciel s’assombrissait, et une pluie de cendres s’abattait sur eux. Dans celle de Braxton, un corbeau se posait sur le pommeau, poussant des croassements lugubres.
Les chevaliers, troublés et irrités, pressèrent Merlin de s’expliquer. Celui-ci se contenta d’un signe énigmatique, laissant Arthur dans l’incompréhension la plus entière.</p>

<p>Encore bouleversée, Angarad adressa ses prières à la Dame du Lac. En songe, elle vit un jeune garçon blond, qu’elle reconnut comme étant Lancelot, fils du seigneur Lanceor. L’enfant trébuchait, puis se relevait sous les traits d’un chevalier accompli, revêtu d’une armure éclatante et portant un blason d’argent à trois bandes de gueules. D’un geste accusateur, il désigna une cité en prononçant ces mots : « Elle est là. ». Ce chevalier était celui qu’ils avaient déjà aperçu lors d’une précédente vision. À son réveil, Angarad aperçut le Chevalier des Cendres qui l’observait au loin, avant de disparaître.
Au matin, ils prirent congé : Arthur et Merlin, rappelés à leurs hautes charges, se séparèrent des chevaliers, lesquels poursuivirent leur route pour rejoindre Léodagan.</p>

<p>Après dix jours de marche, ils atteignirent le sommet d’une colline. En contrebas s’élevait une haute tour blanche, dressée sur une motte entourée d’un étang, qu’un pont aux proportions incertaines permettait de franchir. Les portes en étaient grandes ouvertes.
Se souvenant des recommandations de Merlin, ils s’y rendirent. Une douzaine de servantes affairées les accueillirent et leur annoncèrent que la Dame des lieux les attendait. Après avoir gravi un nombre d’escaliers qui semblait excéder toute mesure raisonnable, ils parvinrent enfin dans une salle où siégeait une Dame d’une beauté comparable à celle de Guenièvre, mais empreinte d’une froideur saisissante. Son trône rappelait l’ouvrage de la barque du lac. Devant elle reposaient d’étranges miniatures, et elle tenait entre ses mains une réplique d’Excalibur.</p>

<p>Elle se présenta sous le nom de Morgane et déclara connaître leurs exploits, dont elle disait goûter la violence. Elle leur offrit des rafraîchissements. Braxton et Angarad, discernant en elle une nature féerique, conseillèrent de décliner. Morgane leur proposa ensuite un présent. En leur for intérieur, Braxton, Marianne et Angarad y consentirent, fidèles aux conseils de Merlin, tandis que Théodran, guidé par sa prudence et sa foi, choisit de refuser. Nul mot ne fut prononcé, et pourtant Théodran comprit sur le visage de ses compagnons que quelque chose était à l’oeuvre.</p>

<p>Aussitôt, ses camarades furent saisis de visions troublantes. Morgane remit à Braxton une figurine du jeune Lancelot, lui enjoignant d’en prendre le plus grand soin, car son destin était maintenant entre ses mains. Puis ils prirent congé. Théodran, soucieux de préserver ses compagnons, sortit le dernier, la main posée sur son épée, reculant sans jamais quitter Morgane du regard. Celle-ci le salua en le qualifiant, non sans une pointe d’ironie, de « plus noble des âmes ».
Ce ne fut qu’à bonne distance qu’ils purent enfin relater ce qui leur avait été montré. Angarad avait vu Arthur siégeant sur le trône, relatant la défaite de son plus redoutable ennemi. Braxton avait vu le jeune Lancelot s’étouffer avec une noix. Marianne, quant à elle, avait aperçu le chevalier blond vaincu, enchaîné et couvert de sang. Angarad lui révéla alors que ce chevalier n’était autre que Lancelot parvenu à l’âge adulte.</p>

<p>Les voyant encore profondément troublés, Théodran les exhorta à rejeter ces visions, qu’il tenait pour trompeuses, et leur adressa des paroles empreintes de sagesse, propres à apaiser leurs esprits et à alléger leurs cœurs. Toutefois, le temps ne se prêta guère à de tels desseins, car une pluie persistante les accompagna tout au long du trajet qui les mena au château de Léodagan. 
À leur arrivée, ils trouvèrent les seigneurs Hyfidd, Ambrut et Léodagan penchés sur une carte, qu’ils examinaient avec la plus grande attention. Léodagan les conduisit à l’écart, en une pièce retirée, et leur exposa la situation. De nombreux troubles agitaient le nord, aux confins de ses terres, à la lisière de la Lothiane. La contrée était devenue incertaine, et il soupçonnait qu’un traître ne se fût glissé jusque dans ses propres murs. Aussi souhaitait-il que fussent conduits, dans le plus grand secret, jusqu’à Camelot auprès d’Arthur, sa fille, la noble dame Guenièvre, ainsi que dame Siobhân, le jeune Éric de Montmarcy et le jeune Lancelot.
À l’évocation de ce dernier, Braxton sentit la figurine qu’il portait sur lui se réchauffer soudain, comme si elle répondait à une volonté invisible — souvenir troublant de l’étrange requête de la Dame Morgane.</p>

<p>Il fut décidé qu’ils partiraient avant les premières lueurs de l’aube, guidés par la seule clarté des torches. Or, au cœur de la nuit, un phénomène singulier se produisit : la pluie cessa brusquement, chose qui ne s’était point vue depuis fort longtemps.
Les chevaliers connaissaient déjà dame Guenièvre. Ils furent en revanche surpris de découvrir que Dame Siobhân paraissait bien plus mûre que ne l’avaient laissé entendre les propos de Léodagan, lequel semblait éprouver quelque difficulté à juger de l’âge de ses cadets.
La jeune femme, d’une beauté saisissante, portait une chevelure flamboyante, dont l’éclat ne passait guère inaperçu. Braxton, soucieux de discrétion, releva doucement sa capuche. Elle en fut troublée, et leurs regards se croisèrent un bref instant.
Chacun se vit confier la garde d’une personne : Braxton prit sous sa protection le jeune Lancelot, âgé alors de six ans, avec qui il dut partager sa monture ; Théodran veilla sur Éric, lequel, malgré ses treize ans, s’efforçait tant bien que mal d’adopter la contenance d’un écuyer ; Marianne fut chargée de Dame Siobhân ; et Angarad accompagna Dame Guenièvre, avec qui elle avait déjà noué des liens lors de leur rencontre au fort de Caroaise.</p>

<p>Le commencement du voyage s’écoula dans une quiétude presque parfaite. Lancelot se reposait, doucement bercé par le pas régulier de sa monture ; alors que Siobhân, sous de légers prétextes, cherchait toutes occasions d’adresser la parole à Braxton, feignant quelque embarras à se maintenir en selle. Mais le regard exercé d’Angarad ne s’y laissa point tromper : elle discerna sans peine chez la jeune dame une maîtrise assurée de l’art équestre. S’étant donc approchée d’elle, elle lui signifia, avec une franchise tempérée, que messire Braxton goûterait davantage la compagnie d’une personne se montrant plus capable et assurée.</p>

<p>Au soir venu, l’on dressa le camp. Comme il était aisé de le prévoir, Siobhân se montra fort empressée d’assister Braxton dans l’établissement des tentes. Les témoins de la scène, non sans étonnement, purent constater que la jeune femme possédait en vérité bien plus d’adresse qu’elle ne voulait bien le laisser paraître en sa présence. Soupçonnant en elle quelque origine insulaire, et désireux de la détourner sans offense d’une conduite peu séante, Théodran s’adressa à elle d’une voix douce, en langue gaélique, l’exhortant à prêter main-forte à Marianne, qui s’était aventurée en forêt pour y quérir du bois.</p>

<p>Il fut lors révélé que Siobhân était fille de Sir Gawain, venu d’Irlande afin de soutenir Arthur, escorté de quatre cents cavaliers fiers et aguerris. La renommée de ce seigneur, dit le Fidèle, n’était point étrangère à Théodran, lequel savait combien cet homme réunissait en sa personne toutes les vertus d’un souverain digne de ce nom, peut-être le plus éminent de toute l’île d’Irlande. Nul ne pouvait égaler sa bravoure ni la vigueur farouche dont il faisait preuve en bataille. Il élevait en outre des chevaux d’une qualité rare, dont la vigueur semblait sans égale.</p>

<p>Cependant qu’elle revenait deviser de propos légers avec Braxton, celui-ci aperçut soudain le Chevalier des Cendres. Théodran se remémora alors les paroles de Merlin : les visions se présentent toujours par deux. Ayant, pour sa part, décliné celle que lui offrait Morgane, il jugea qu’il lui incombait de demeurer au camp afin de veiller sur la petite troupe — d’autant qu’il goûtait peu les affaires de sorcellerie. Ses trois compagnons s’engagèrent donc à la suite du spectre.</p>

<p>Une fois encore, un lieu empreint de mystère se révéla à eux, une vasque, puis la vision : Ils se trouvèrent transportés au cœur d’une bataille immense, où des milliers d’hommes s’affrontaient. Un Arthur, dont les cheveux blanchis témoignaient du poids des années, brandissait Excalibur et s’élançait dans la mêlée. Un groupe de chevaliers vint à sa rencontre pour l’assaillir. Ils portaient ses propres armes, mais marquées d’une barre sombre. Angarad reconnut là la coutume de détourner les armoiries de celui que l’on tient pour ennemi : ainsi ces hommes combattaient-ils unis en leur haine d’Arthur. Une épée heurta l’armure du roi et rebondit, rompant la lanière de son fourreau — incident en apparence bénin dans le tumulte, mais qui, dans la vision, prenait un tour d’une gravité singulière.</p>

<p>Pour sa part, Théodran, se sachant le seul homme d’armes aguerri, avait rassemblé le reste du groupe en un même lieu. Il fit allumer un feu afin d’éloigner les esprits et les bêtes sauvages, puis surveilla les abords du camp avec une vigilance soutenue. Soudain, un grondement sourd se fit entendre, bientôt suivi de plusieurs autres, encerclant le camp. Des loups approchaient — chose étrange, car ces bêtes auraient dû fuir à la vue du feu et au bruit des hommes.</p>

<p>Il ordonna aux écuyers de se mettre en position de défense, lances brandies et boucliers fichés en terre autour des civils. Il prit lui-même position parmi eux. Puis il commanda que l’on frappât sur les écus afin d’effrayer la meute qui s’avançait ; mais cet expédient demeura sans effet. Bientôt parut devant lui celui qui semblait conduire les autres : un loup immense, au pelage noir, d’un poids prodigieux. Une aura sombre et presque infernale émanait de la créature.</p>

<p>Théodran enjoignit alors à Dame Siobhân, dont il avait perçu les dispositions martiales, de projeter une lance contre la bête. Le trait rebondit sur son épaisse peau, et l’animal fixa Théodran d’un regard chargé de malveillance, comme s’il l’eût choisi pour adversaire. Refusant d’exposer les siens, Théodran s’élança le premier, frappant la créature tout en prononçant d’une voix ferme des paroles sacrées. À cet instant, le monstre se dissipa en cendres. Privés de leur chef, les autres loups prirent aussitôt la fuite.
Mais à peine le calme revenait-il que des cris s’élevèrent derrière lui : un malheur était survenu à Lancelot. Éric était blessé au bras, et l’on découvrit le jeune Lancelot sous le corps d’un loup, tenant le glaive d’Éric dont la pointe avait traversé la gorge de l’animal. Il apparut que la bête avait d’abord attaqué Éric, et que Lancelot, mû par un réflexe de défense, avait saisi l’arme du jeune homme pour abattre le loup d’un seul coup.</p>

<p>Tandis que Siobhân déchirait sa manche pour panser la blessure d’Éric avec une habileté certaine, Lancelot se pressa contre Théodran en quête de réconfort. Celui-ci le loua pour sa conduite et son courage. Peu après, les trois chevaliers revinrent de leur étrange périple et s’enquirent de ce qui s’était produit. Les écuyers furent chaudement félicités, Éric honoré, et le vaillant Lancelot plus encore.
Cependant, l’épaule dénudée de Siobhân laissa entrevoir le bord d’un tatouage. Or, si cette coutume était tolérée en Irlande, elle l’était bien moins parmi les chrétiens de Bretagne. Par égard pour elle, Théodran déposa une couverture sur ses épaules, lui expliquant avec douceur, dans la langue de ses ancêtres, la raison de ce geste. La dame lui en rendit grâce dans la même langue.</p>

<p>Parvenus à Camelot, ils furent reçus avec une allégresse sincère par leur souverain. Celui-ci ne put dissimuler l’émoi que fit naître en lui la beauté de Dame Guenièvre, laquelle sembla, en retour, touchée d’un trouble semblable. 
Fidèle au vœu de la Fée, Braxton requit qu’un lit fût dressé en sa propre chambre pour Lancelot.
Au banquet du soir, Arthur fit son apparition sous ses plus beaux atours. Guenièvre, pour sa part, n’était vêtue que d’une robe d’une sobre élégance, choisie parmi les rares effets qu’elle avait emportés dans la hâte. Le jeune monarque n’en fut pas moins ébloui.
Braxton s’était appliqué à demeurer aux côtés de Lancelot, tandis que Siobhân veillait à ne point quitter Braxton. La jeune femme avait pris soin d’accorder sa parure et sa coiffure à celles du — peu — galant chevalier. Angarad, quant à elle, se trouvait en agréable compagnie auprès de Théodran.</p>

<p>Après que le roi eut prononcé son discours, salué d’un vibrant « Vive le roi ! » lancé par Lancelot, bientôt repris par l’assemblée entière, l’on se livra enfin aux plaisirs de la table. Braxton s’étonna de supporter le vin avec une aisance inhabituelle, qu’il attribua aux forces accrues que ses voyages lui avaient sans doute conférées.
Cependant, observant la scène, Théodran et Angarad remarquèrent que Siobhân, avec une adresse discrète, vidait les coupes du chevalier dans celles des convives voisins dès qu’il détournait le regard. Angarad, intriguée, s’enquit à voix basse de la raison d’un tel manège. Siobhân répondit alors, d’une voix claire et en langue gaélique, à l’adresse de Théodran :</p>

<p>« Ní bheadh fear a ólann go trom ina athair maith. »</p>

<p>— Un homme qui s’adonne à l’excès de boisson ne saurait être un bon père.</p>

<p>On remarquait également, parmi les convives, le bon Père Blaise, qui avait rejoint Camelot et le roi Arthur en compagnie du sieur Gondin, lequel s’en était allé faire ses armes auprès des soldats du royaume. Lorsque le banquet prit fin, on éveilla Lancelot, qui s’était assoupi paisiblement sur les genoux de Dame Guenièvre. Après avoir reconduit celle-ci à ses appartements, Angarad comprit qu’Arthur lui avait cédé sa propre chambre, le château ne disposant pas encore de suffisamment de bon logis. La dame chevalier ne put s’empécher de le laisser entendre à sa noble amie.</p>

<p>Théodran, mis au courant, offrit alors la propre chambre au souverain, qui déclina. Il lui arracha toutefois la promesse qu’il passerait la nuit en un lieu digne de son rang. L’on devina, sans qu’il fût besoin de le dire, que le roi ferait de la grande salle du Conseil son gîte pour la nuit. Cette décision déplut aux chevaliers, mais le monarque, ferme en sa résolution, ne consentit point à revenir sur son choix.</p>]]></content><author><name></name></author><category term="jekyll" /><category term="update" /><summary type="html"><![CDATA[Oyez, oyez, braves gens : comment la Dame du Lac remit la noble épée Excalibur au roi Arthur ; comment la belle Guenièvre vint le rejoindre en son château de Camelot ; et comment le jeune Lancelot, encore dans la fleur de l’enfance, terrassa un loup d’un seul coup d’épée.]]></summary></entry><entry><title type="html">An 511 - La Bataille de Bedegraine</title><link href="/jekyll/update/2026/05/08/quete-3.html" rel="alternate" type="text/html" title="An 511 - La Bataille de Bedegraine" /><published>2026-05-08T09:01:24+00:00</published><updated>2026-05-08T09:01:24+00:00</updated><id>/jekyll/update/2026/05/08/quete-3</id><content type="html" xml:base="/jekyll/update/2026/05/08/quete-3.html"><![CDATA[<p>Oyez, oyez, braves gens le récit des Chevaliers Dorés, qui subirent mille tourments lors de la bataille de Bedegraine. Écoutez le souvenir du Roi Arthur, qui pleure encore son épée Clarente, brisée durant l’affrontement.</p>

<p>L’hiver touchait à sa fin dans la cité de Carlion. Tandis que le temps se radoucissait, les chevaliers reprenaient les plaisirs du grand air et la chasse. La renommée d’Arthur s’était tant accrue après ses victoires que ses rangs passèrent de quatre cents à quinze cents hommes. Alors que les autres seigneurs regagnaient leurs terres, le Roi logeait à la Cathédrale, refusant de s’imposer un confort que ses soldats n’avaient pas. Cependant, le lieu appartenant à l’Archevêque, il fit de l’auberge de Carlion le siège de son gouvernement et s’y installa à une Table Ronde pour tenir conseil.</p>

<p>Au début du printemps, Arthur fit mander ses quatre fidèles compagnons, secondé du sage Merlin. Informé que le Roi Loth rassemblait ses forces au Nord, Arthur décida d’aller à sa rencontre sous vingt jours. Hélas, ses légions manquaient encore de bras.
Il chargea donc les quatre compagnons d’aller quérir trois seigneurs pour les rallier à sa cause. Pour se faire, des présents magnifiques leur furent confiés : une coupe incrustée de rubis pour le Roi Nym de Galvois, à Château-Sel, une bible pour le Roi Léodagan, à Caroaise, une bride d’exception pour le Sanam, à Lancester.</p>

<p><img src="/assets/img/WAR.JPG" alt="image" />
Son message était solennel : « Le Roi Arthur va affronter le Roi Loth. Il attend votre aide avec grand besoin. » À leur départ, Merlin leur fit conseil de suivre toutes quêtes qui se présenteraient en chemin.
Sous une pluie battante commença leur périple. Un soir, le fils de Braxton, cherchant quelque gibier, sauva un corbeau de belle taille des griffes d’un renard. Bien que l’oiseau le blessât en retour, Braxton y vit un signe du destin et décida de soigner le volatile.
Au troisième jour, ils atteignirent Château-Sel. Contraints de laisser leurs armes et leurs montures aux écuries, ils se présentèrent devant le Roi Nym. Ce dernier feignit de reconnaître l’autorité d’Arthur, mais ses paroles sonnaient faux. Lorsque Dame Marianne laissa échapper que d’autres seigneurs devaient être visités, Nym dévoila sa noirceur et ordonna la confiscation des autres présents. Outrés, les chevaliers voulurent combattre, mais cent hommes en armes les menacèrent. Théodran jeta alors son gant pour défier le déloyal, mais l’abject Nym ne daigna pas répondre ou lui envoyer de champion. Les compagnons durent fuir, récupérant par chance seule leurs chevaux et leurs armes.</p>

<p>Cheminant vers Caroaise, dame Angarad perçut au loin un immense chevalier gris, monté sur une monture colossale. La vision disparut, mais ils en trouvèrent les traces imposantes dans une clairière.
À leur arrivée à la motte castrale de Caroaise, ils furent accueillis par Sir Hifydd. En attendant Léodagan, les chevaliers prirent repos et chacun eu l’occasion de croiser une dame d’une beauté souveraine, aux lèvres rouges et à la chevelure d’ébène. Sir Braxton apprit qu’il s’agissait de Guenièvre, la fille du seigneur Léodagan.</p>

<p>En banquet, les compagnons contèrent leurs aventures à Sir Hifydd qui leur confia son inquiétude : le Chevalier Gris lui rappelait la légende du Chevalier des Cendres, signe de funeste destin. Après le repas, la princesse interrogea les preux sur Arthur, car son père projetait de l’unir à lui. Les chevaliers louèrent tant les qualités de leur jeune Roi qu’ils apaisèrent les craintes de la jeune Dame. Le lendemain, lors de la fête d’Epona, Théodran s’illustra en gagnant son épreuve et  Marianne et Angarad reçurent une bénédiction divine pour l’amour qu’elles portaient à leurs chevaux et le soin qu’elles prenaient d’eux.</p>

<p>Léodagan arriva enfin et promit son soutien immédiat à Arthur. Il remit aux chevaliers un portrait de Guenièvre pour celui-ci et les compagnons lui promirent de décrire la belle par le verbe afin de lui mieux rendre justice.
Sur la route de Lancester, le grand corbeau revint à Braxton. Mais sa joie fut brève car le Chevalier des Cendres surgit et leur barra la route. Décidant de le suivre, le groupe fut mené vers une grotte baignée d’une lumière irréelle. Ils burent l’eau d’une vasque et plongèrent dans un songe prophétique montrant un chevalier blond en quête d’une dame, un Arthur vieillissant et désabusé devant sa Table Roude, et enfin un homme à la chevelure de jais triomphant sur un trône et remerciant son père de l’avoir conduit là. À leur réveil, ils découvrirent le squelette d’un géant portant une armure grise. Par leurs écuyers, ils apprirent qu’ils étaient restés disparus un jour entier.</p>

<p>Arrivés à Lancester, ils découvrirent que le Comte Sanam était absent, mais qu’il préparait ses troupes pour la guerre. Inquiets et sentant une nouvelle fourberie, ils partirent sans tarder prévenir le Roi qui les reçut dès leur arrivée. 
Celui-ci fut troublé par le récit de la trahison de Nym, mais ému par la description de Guenièvre. Merlin, quant à lui, expliqua que les visions allaient par paire et qu’une seconde leur apparaîtrait bientôt.</p>

<p>L’armée d’Arthur, forte de trois mille hommes, se mit en marche contre les six mille soldats de Loth. Comme craint, Sanam se tenait aux côtés de l’ennemi. Sous un ciel qui s’assombrit soudain, la bataille commença. Les chevaliers, qui faisaient partie de l’équipée du Roi, affrontèrent tout d’abord des piquiers pictes et puis des cavaliers corniques. Braxton vainquit le frère de Nym et s’empara de son armure.
Voyant la bataille incertaine, Arthur chargea le groupe du Comte Sanam. Théodran transperça le traître de sa lance. Mais dans la fureur du combat, l’épée Clarente fut brisée sur un bouclier et Arthur chuta, grièvement blessé. La pointe de l’épée, volant dans l’air, vint se ficher dans le crâne d’un adversaire, servant son maître jusqu’au dernier éclat. Théodran acheva le combat en défiant le dernier garde en combat singulier. Accablé d’avoir laissé son Roi être blessé et d’avoir fini son duel après le son du cor, il réclama une juste punition, mais Arthur, lui, leur accorda à tous sa gratitude.</p>

<p>Au second jour, l’ennemi était toujours plus nombreux. Les pertes furent lourdes : Théodran tomba et Braxton fut laissé pour mort sur le champ de bataille. Arthur Fit quérir Merlin et le supplia d’agir. L’Enchanteur utilisa alors sa magie pour le ramener le saxon téméraire à la vie. C’est alors que les armées de Léodagan et de Hifydd surgirent des collines, mettant l’ennemi en déroute. Arthur, bien que faible, insista pour retourner au combat ou il fit preuve d’autant de bravoure que de folie. Il fut sauvé de justesse par Dame Marianne et Dame Angarad.
Après la victoire et deux jours de repos, Merlin disparut. Le Roi Arthur annonça alors son grand dessein : établir son siège à Camelot, offrir des terres à ses quatre compagnons et fonder un nouvel ordre de chevalerie dont ils seraient les premiers piliers avec Léodagan.</p>]]></content><author><name></name></author><category term="jekyll" /><category term="update" /><summary type="html"><![CDATA[Oyez, oyez, braves gens le récit des Chevaliers Dorés, qui subirent mille tourments lors de la bataille de Bedegraine. Écoutez le souvenir du Roi Arthur, qui pleure encore son épée Clarente, brisée durant l’affrontement.]]></summary></entry><entry><title type="html">An 510 - Le Courronnement</title><link href="/jekyll/update/2026/05/08/quete-2.html" rel="alternate" type="text/html" title="An 510 - Le Courronnement" /><published>2026-05-08T09:00:24+00:00</published><updated>2026-05-08T09:00:24+00:00</updated><id>/jekyll/update/2026/05/08/quete-2</id><content type="html" xml:base="/jekyll/update/2026/05/08/quete-2.html"><![CDATA[<p>Oyez, oyez, braves gens l’histoire du couronnement du Roi Arthur en la Cathédrale de Carlion et comment en ce même lieu, il défit les troupes du vile Roi Loth.
En l’an de grâce cinq cent dix, advint que le vaillant Arthur, encore en quête de sa pleine souveraineté, cheminait vers son destin. Après avoir quitté la cité de Londres, lui et sa noble suite firent halte à Windsor. Mais le jeune seigneur, déjà sagace au-delà de ses années, refusa festin et liesse en la demeure du baron, car il soupçonnait en celui-ci une amitié feinte, née davantage de la crainte des enchantements de Merlin que d’un sincère attachement.</p>

<p>Dès l’aube suivante, ils reprirent la route sans tarder. Arthur, dont les troupes demeuraient encore restreintes, ne put laisser de garnison pour assurer la loyauté de son vassal.
Tandis qu’ils cheminaient, le brouillard dense et inquiétant continuait à suivre le cortège royal comme une ombre silencieuse. Interrogé enfin, Merlin assura qu’aucune créature hostile ne pouvait s’y dissimuler.
Or, soudain, surgit devant eux une troupe d’une cinquantaine d’âmes misérables, menées par un certain Gondin, esprit faible se proclamant chevalier au Rat et seigneur des lieux. À ses côtés se tenait un homme d’Eglise nommé Blaise, individu plus avisé, qui lui tenait lieu de second.</p>

<p><img src="/assets/img/CASTLE.JPG" alt="image" /></p>

<p>Ne voyant là nulle menace, Dame Angarad leur offrit l’aumône — quatre sous et deux deniers — mais avec grande finesse, elle fit passer ce don pour tribut de passage et  gage de loyauté, afin de ne point blesser leur orgueil.
Le soir venu, autour d’un feu et d’un repas frugal, les quatre chevaliers à la chevelure d’or firent la rencontre de messire Tristan, dont la compagnie fut douce et plaisante. Et au matin, l’on questionna Arthur : pourquoi ne s’arrêtait-il point dans les bourgs pour rendre justice et gagner l’amour du peuple ? Mais il répondit qu’il ne jugerait point en roi tant que la couronne de Bretagne ne ceindrait pas son front. Déjà, dans sa sagesse naissante, il pressentait les desseins du roi Loth, qui tramait en secret sa chute. Aussi désirait-il atteindre au plus vite Carlion et sa cathédrale sacrée.</p>

<p>Après sept jours de voyage, ils aperçurent enfin le château de Corinum. Là, le comte Edward vint à leur rencontre à la porte de la cité. C’était un homme noble et marqué par les ans et les combats. Il leur offrit grand banquet et honora Arthur, Merlin et les quatre chevaliers dorés, les gardant près de lui comme des hôtes de grand prix. Dans un souffle grave, il souhaita à Arthur long règne et paix durable. En réponse, le jeune prince entonna un chant célébrant la vie humble des paysans de Logres, ce qui allégea les cœurs, et bientôt chacun chanta et but, certains au-delà de toute mesure.</p>

<p>Au matin, fidèle à sa jeunesse, Arthur joua quelque malice : il éveilla bruyamment ceux que le vin avait alourdis. Et messire Braxton, plus rétif que les autres à quitter le sommeil, reçut sur la tête l’eau fraîche d’une carafe, au grand amusement de la compagnie.
Lorsque vint l’heure du départ, le comte Edward serra Arthur dans ses bras. Dame Angarad, troublée par les paroles du vieil homme, confia ses doutes au jeune roi. Mais celui-ci répondit avec gravité qu’il valait mieux avoir foi en une idée qu’en un homme. Et comme pour sceller ces mots, son armure se mit à resplendir sous la lumière du soleil, telle une bénédiction céleste.</p>

<p>Trois jours plus tard, la troupe atteignit un pont étroit, long de cinquante toises et à peine large de quelques coudées. Une foule dense en obstruait l’accès. Alors, le chevalier Théodran, soucieux de ne point retarder son seigneur, promit cinq as de récompense à qui ferait place. La foule, empressée, obéit — mais dans son mouvement, elle emporta avec elle le chevalier Coelric, noble chevalier à la Tour.
Offensé en son honneur, Coelric exigea réparation et défia quiconque voudrait se faire champion d’Arthur. Braxton s’avança, mais, moins expérimenté, il fut grièvement blessé, refusant obstinément de déposer les armes. En guise de compensation, Coelric réclama tribut, et Merlin, en homme avisé, lui accorda faveur.</p>

<p>Enfin, Arthur atteignit Carlion. Sans délai, il se rendit sur le parvis de la cathédrale, où l’attendait l’archevêque Dubricus. Après les salutations d’usage, le saint homme fit quérir les rois des terres voisines et permit à la suite d’Arthur de loger en la cathédrale, en dehors des offices.
Après deux semaines enfin écoulées, le couronnement fut célébré en grande solennité. Chacun s’était vêtu de ses plus beaux atours, hormis Merlin, lequel paraissait, selon sa coutume, plus misérable encore qu’à l’ordinaire.
Les seigneurs et chevaliers conviés entrèrent dans la cathédrale. Là, après le discours de l’archevêque, il fut demandé aux grands de ce monde de donner leur assentiment : sire Léodagan de Carmélides, le comte Edward de Corinum, le baron de Windsor, et d’autres encore, parmi lesquels certains parents de dame Angarad, qui jugeaient sa présence peu convenable.</p>

<p>Sans nul étonnement, tous proclamèrent Arthur digne de la couronne. Ainsi fut-il sacré roi de Bretagne, roi de Logres et Imperator.
Alors le roi prit la parole. Il rappela les vertus du chevalier courtois : bonté, justice, générosité, et le noble devoir de combattre pour la paix. Puis il déclara vouloir fonder un ordre de chevaliers voué à défendre ces idéaux. Plusieurs, dont Léodagan et Edward, s’offrirent sans tarder.
Après la cérémonie, maints seigneurs vinrent lui rendre hommage : sire Lanceor, accompagné de son jeune fils Lancelot, promis à une grande destinée, ainsi que le bon roi Bors de Gaunes.</p>

<p>Arthur exprima ensuite le désir de passer la fin de l’hiver à Carlion.
Deux semaines plus tard, il réunit ses fidèles autour d’une table ronde en une auberge, dont la forme éveilla en lui une singulière inspiration. Il leur annonçait déjà son dessein d’établir sa cour au sud de Londres, lorsqu’un garde survint en hâte : une armée de sept cents hommes marchait sur Carlion, et ne se trouvait plus qu’à quelques heures. 
Et lors advint la bataille de Carlion, dont naquit la grande renommée des Chevaliers dorés, et dont chacun garde vive mémoire, tant pour ses hauts faits que pour les prodiges qui s’y manifestèrent.</p>]]></content><author><name></name></author><category term="jekyll" /><category term="update" /><summary type="html"><![CDATA[Oyez, oyez, braves gens l’histoire du couronnement du Roi Arthur en la Cathédrale de Carlion et comment en ce même lieu, il défit les troupes du vile Roi Loth. En l’an de grâce cinq cent dix, advint que le vaillant Arthur, encore en quête de sa pleine souveraineté, cheminait vers son destin. Après avoir quitté la cité de Londres, lui et sa noble suite firent halte à Windsor. Mais le jeune seigneur, déjà sagace au-delà de ses années, refusa festin et liesse en la demeure du baron, car il soupçonnait en celui-ci une amitié feinte, née davantage de la crainte des enchantements de Merlin que d’un sincère attachement.]]></summary></entry><entry><title type="html">An 510 - L’épée sortie du rocher</title><link href="/jekyll/update/2026/05/04/quete-1.html" rel="alternate" type="text/html" title="An 510 - L’épée sortie du rocher" /><published>2026-05-04T15:47:24+00:00</published><updated>2026-05-04T15:47:24+00:00</updated><id>/jekyll/update/2026/05/04/quete-1</id><content type="html" xml:base="/jekyll/update/2026/05/04/quete-1.html"><![CDATA[<p>Oyez, oyez braves gens et entendez, fiers compagnons, cette histoire perdue dans les méandres des siècles.
Laissez-moi vous narrer le début de notre épopée et vous rapporter comment le roi Arthur rencontra ses premiers chevaliers et comment, impressionné par tant de bravoure, il les adouba sur le champ.</p>

<p>Notre aventure débuta en l’an de grâce 510 :</p>

<p>Dame Marianne de  Guidel, Dame Angarad, fille de Uren, Sir Braxton, fils de Braxton et Sir Théodran de Connacht , alors encore jeunes écuyers désireux de faire leur preuve, avaient chevauché depuis des quatre coins des Îles Britanniques à la rencontre du Roi Léodagan de Carmélide, car ils avaient tous fait le choix de le soutenir dans sa volonté de s’assoir sur le trône de Logres, vacant depuis plus trois décennies et ainsi rendre à la Bretagne sa grandeur perdue depuis la chute d’Uther Pendragon.
D’autres avaient choisi de suivre le vile Roi Loth de Lothiane qui revendiquaient le trône pour lui-même dans sa quête de pouvoir. La chose devait être entendue lors d’un grand tournoi organisé à Londres pour décider qui de Loth ou de Léodagan accéderait à cette haute fonction.</p>

<p><img src="/assets/img/sword1.jpg" alt="image" /></p>

<p>Durant les préparatifs de la joute, pendant un ultime entrainement, Léodagan fut saisi par la fougue qui animait deux de nos compagnons et décida de prendre sous son aile toute leur petite troupe durant la bataille à venir. 
Léodagan fort de maintes années de combats n’eut aucun mal à défaire ses ennemis. Ses jeunes protégés, malgré la fougue de la jeunesse et leur inexpérience, firent preuve de vaillance et d’honneur dans la bataille. Ils n’eurent cependant point le temps de célébrer la défaite des Chevaliers de Lothiane, car le son d’une corne résonna à l’autre bout de la cité, appelant tous ceux qui pouvait l’entendre à se regrouper sur le parvis de la Cathédrale.</p>

<p>Au lieu dit, un jeune homme prénommé Arthur était parvenu à retirer l’épée de l’enclume dévoilant en majesté celui qui était devenu alors le Roi Arthur. L’enchanteur Merlin prit alors la parole pour expliquer à l’assistance le prodige qui venait de se produire sous leurs yeux.</p>

<p>Nombreux furent ceux qui remirent en question l’exploit et qui voulurent tenter leur chance, mais en vain. L’épée dans l’enclume avait reconnu en Arthur le souverain légitime du royaume de Logres et de toute la Bretagne. 
Furieux de cette nouvelle humiliation, les troupes du Roi Loth tentèrent bien de s’en prendre au jeune roi, mais les fidèles de Léodagan, bien conscients du miracle qui venait de s’accomplir, ne les laissèrent pas faire et jugèrent fidélité au nouveau Roi sans plus tarder.
Arthur ayant vu la vaillance des quatre jeunes compagnons du Seigneur Léodagan, les adouba sur l’instant et les prit à son service, leur assurant ainsi les honneurs et les attributs qui font un chevalier.</p>

<p>Chargé alors de la sécurité du souverain pour la nuit, la fine équipe arrêta pas moins de quatre malandrins en les murs de la Cathédrale. Venus des territoires pictes, ils avaient profité de l’obscurité pour tenter de s’emparer de l’épée d’Arthur.<br />
Nos nobles héros les empêchèrent de nuire, privant même l’un d’entre eux de sa tête, puis restituèrent son épée au roi. Interrogés par Arthur lui-même, ils révélèrent le nom de leur commanditaire, à savoir le Roi Loth.</p>

<p>Le roi ordonna que le lendemain même, on se mette en route vers Carlion, où il souhaitait installer ses quartiers.
La première journée de voyage fut si plaisante grâce à la fière troupe de destriers que Dame Angarad mit à la disposition du roi que même les multiples fadaises de Sir Cuthbert et l’inquiétant brouillard qui suivait l’équipée ne purent la gâcher. Du reste, cela ne semblait nullement troubler Merlin en qui le phénomène mystérieux trouvait sans doute sa source.</p>

<p>Parvenu au Château de Windsor, qui avait été choisi comme première étape royale, la troupe se présenta aux portes du Château afin d’y demander le gîte et le couvert pour la nuit.  <br />
Malgré l’appel du cor et l’annonce de la présence du roi, le seigneur des lieux, baron de son état, refusa d’abaisser le pont-levis. Il prétendit alors ne pas reconnaitre en Arthur son suzerain et remit en cause sa légitimité.
Soudainement, la voix de Sir Théodran tonna et fit trembler les murailles, dont les pierres se fendirent. Elle rappela à tous qui était véritable Haut-Roi de Bretagne et que le destin serait contre quiconque oserait encore en douter. 
Comme toujours, la magie de Merlin semblait être à l’œuvre.
Aussitôt, le baron fit volte-face, ouvrit les portes et accueillit son roi comme il se doit.</p>]]></content><author><name></name></author><category term="jekyll" /><category term="update" /><summary type="html"><![CDATA[Oyez, oyez braves gens et entendez, fiers compagnons, cette histoire perdue dans les méandres des siècles. Laissez-moi vous narrer le début de notre épopée et vous rapporter comment le roi Arthur rencontra ses premiers chevaliers et comment, impressionné par tant de bravoure, il les adouba sur le champ.]]></summary></entry></feed>