An 510 - L'épée sortie du rocher

Oyez, oyez braves gens et entendez, fiers compagnons, cette histoire perdue dans les méandres des siècles. Laissez-moi vous narrer le début de notre épopée et vous rapporter comment le roi Arthur rencontra ses premiers chevaliers et comment, impressionné par tant de bravoure, il les adouba sur le champ.

Notre aventure débuta en l’an de grâce 510 :

Dame Marianne de Guidel, Dame Angarad, fille de Uren, Sir Braxton, fils de Braxton et Sir Théodran de Connacht , alors encore jeunes écuyers désireux de faire leur preuve, avaient chevauché depuis des quatre coins des Îles Britanniques à la rencontre du Roi Léodagan de Carmélide, car ils avaient tous fait le choix de le soutenir dans sa volonté de s’assoir sur le trône de Logres, vacant depuis plus trois décennies et ainsi rendre à la Bretagne sa grandeur perdue depuis la chute d’Uther Pendragon. D’autres avaient choisi de suivre le vile Roi Loth de Lothiane qui revendiquaient le trône pour lui-même dans sa quête de pouvoir. La chose devait être entendue lors d’un grand tournoi organisé à Londres pour décider qui de Loth ou de Léodagan accéderait à cette haute fonction.

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Durant les préparatifs de la joute, pendant un ultime entrainement, Léodagan fut saisi par la fougue qui animait deux de nos compagnons et décida de prendre sous son aile toute leur petite troupe durant la bataille à venir. Léodagan fort de maintes années de combats n’eut aucun mal à défaire ses ennemis. Ses jeunes protégés, malgré la fougue de la jeunesse et leur inexpérience, firent preuve de vaillance et d’honneur dans la bataille. Ils n’eurent cependant point le temps de célébrer la défaite des Chevaliers de Lothiane, car le son d’une corne résonna à l’autre bout de la cité, appelant tous ceux qui pouvait l’entendre à se regrouper sur le parvis de la Cathédrale.

Au lieu dit, un jeune homme prénommé Arthur était parvenu à retirer l’épée de l’enclume dévoilant en majesté celui qui était devenu alors le Roi Arthur. L’enchanteur Merlin prit alors la parole pour expliquer à l’assistance le prodige qui venait de se produire sous leurs yeux.

Nombreux furent ceux qui remirent en question l’exploit et qui voulurent tenter leur chance, mais en vain. L’épée dans l’enclume avait reconnu en Arthur le souverain légitime du royaume de Logres et de toute la Bretagne. Furieux de cette nouvelle humiliation, les troupes du Roi Loth tentèrent bien de s’en prendre au jeune roi, mais les fidèles de Léodagan, bien conscients du miracle qui venait de s’accomplir, ne les laissèrent pas faire et jugèrent fidélité au nouveau Roi sans plus tarder. Arthur ayant vu la vaillance des quatre jeunes compagnons du Seigneur Léodagan, les adouba sur l’instant et les prit à son service, leur assurant ainsi les honneurs et les attributs qui font un chevalier.

Chargé alors de la sécurité du souverain pour la nuit, la fine équipe arrêta pas moins de quatre malandrins en les murs de la Cathédrale. Venus des territoires pictes, ils avaient profité de l’obscurité pour tenter de s’emparer de l’épée d’Arthur.
Nos nobles héros les empêchèrent de nuire, privant même l’un d’entre eux de sa tête, puis restituèrent son épée au roi. Interrogés par Arthur lui-même, ils révélèrent le nom de leur commanditaire, à savoir le Roi Loth.

Le roi ordonna que le lendemain même, on se mette en route vers Carlion, où il souhaitait installer ses quartiers. La première journée de voyage fut si plaisante grâce à la fière troupe de destriers que Dame Angarad mit à la disposition du roi que même les multiples fadaises de Sir Cuthbert et l’inquiétant brouillard qui suivait l’équipée ne purent la gâcher. Du reste, cela ne semblait nullement troubler Merlin en qui le phénomène mystérieux trouvait sans doute sa source.

Parvenu au Château de Windsor, qui avait été choisi comme première étape royale, la troupe se présenta aux portes du Château afin d’y demander le gîte et le couvert pour la nuit.
Malgré l’appel du cor et l’annonce de la présence du roi, le seigneur des lieux, baron de son état, refusa d’abaisser le pont-levis. Il prétendit alors ne pas reconnaitre en Arthur son suzerain et remit en cause sa légitimité. Soudainement, la voix de Sir Théodran tonna et fit trembler les murailles, dont les pierres se fendirent. Elle rappela à tous qui était véritable Haut-Roi de Bretagne et que le destin serait contre quiconque oserait encore en douter. Comme toujours, la magie de Merlin semblait être à l’œuvre. Aussitôt, le baron fit volte-face, ouvrit les portes et accueillit son roi comme il se doit.